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in L'écolo-bio

Ma sidération face au reportage Viols sur mineurs

  • 16 novembre 2017
  • By Boho
  • 2 Comments
Ma sidération face au reportage Viols sur mineurs

Je suis sidérée, effarée. Et une tristesse émotionnelle m’envahit. Ce documentaire est dur et en même temps tellement édifiant.

Face à ce reportage, on réalise. On réalise ce qu’est la violence sexuelle et psychologique.

Je suis sidérée par ce silence qui envahit la société. Et je vous l’explique ici.

Un documentaire édifiant

Flavie Flament a réalisé ce documentaire, elle-même victime de viol à 13 ans. Elle interview des victimes, tout comme elle, amnésiques pendant de très longues années jusqu’à l’âge d’environ 40 ans, âge où les souvenirs rejaillissent, à l’état brut.

Les victimes de viols subissent une des plus hautes violences psychologiques et leur cerveau réagit aussitôt. Nous appelons ça le psychotraumatisme.

Le corps humain est très bien fait. Le cerveau est là pour nous protéger des dangers. Et le danger psychologique en fait partie. Dès lors que l’on se fait agresser, le cerveau « disjoncte ». C’est-à-dire que la victime se détache de son corps et « observe » la scène d’extérieur. Elle est absente à elle-même : c’est la survie.

Dans un second temps survint l’amnésie. La victime enferme ses souvenirs dans une capsule et ne les libérera que très péniblement, voire jamais. Comment cela est-il possible biologiquement ?

L’amnésie post-traumatique, prouvée scientifiquement aujourd’hui

L’hippocampe est une partie de notre cerveau (il ressemble à un hippocampe couché). Il stocke une information en mémoire, l’information est codée électriquement et gardée.

source : wikipédia

Notre hippocampe a des récepteurs au cortisol, que l’on fabrique en cas de stress. Quand on a un stress continu, on produit anormalement du cortisol. L’hippocampe va être la cible de ce cortisol. Cette hormone devient un toxique pour l’hippocampe, ce qui provoque une amnésie.

Dans ce documentaire, on découvre que la souffrance se voit sur une IRM. L’hippocampe est atrophiée, réduite. Sur un cerveau, on est désormais capable de voir la souffrance durable sur une image. Sur les cerveaux mineurs, immatures, il y a donc des séquelles physiques. Dorénavant, nous pouvons admettre qu’il s’agit d’un handicap visible.

Les personnes victimes de violences sexuelles voient leur risque de développer une maladie de vieillissement cérébral, type maladie d’Alzheimer, augmenter.

Le silence

Ce qui m’a choqué dans le reportage, c’est ces parents qui disent «ah c’est terrible» et changent de sujet face à leur enfant qui leur avoue son viol, c’est ces mots «petit couple qui semble être accepté par l’entourage», c’est toutes ces personnes qui voient et ne voient pas.

Pourquoi ?

 

Il y a deux chocs : le premier est le choc de la victime, son viol. Le second est le choc que les autres peuvent recevoir en entendant ces choses inentendables. Vous n’imaginez pas à quel point les mécanismes de défense sont puissants. C’est pour ces raisons que le silence prévaut face à ces horreurs. Comment a t-on pu ne pas voir et ne pas protéger sa famille ? Comment accepter une telle chose qui remet en cause si profondément nos croyances et nos valeurs dans nos vies ?

C’est de l’impensable pour la plupart d’entre nous, c’est au-delà de ce que l’on peut admettre. Cette violence fait peur à tout le monde.

Oublier, ne pas entendre, c’est se protéger. Les autres aussi cherchent à « survivre » inconsciemment. La société cherche à survivre. Quand on entend dire par le procureur dans le reportage que la prescription a été faite pour « La paix de la société »…

La prescription

La prescription est un principe selon lequel les victimes ne peuvent pas porter plainte au-delà de 20 ans après leur majorité, ce qui revient pour nos victimes mineures à un âge de 38 ans.

Pourtant, la prescription empêche de sauver des vies. Souvent, les violeurs sur mineurs sont récidivistes et continuent des années. Les victimes d’un seul peuvent être nombreuses. Ce silence les sauvegarde.

 

Le replay de ce reportage est disponible 30 jours, un documentaire concis, vertigineux et très captivant. Je ne peux que vous conseiller de le regarder car entre savoir et réaliser, il y a un pas.

Replay

By Boho, 16 novembre 2017
  • 2
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2 Comments
  • Marion - Mangue Coco
    20 novembre 2017

    Il n’y a pas de mot pour qualifier ces horreurs. Je découvre grâce à ton article le mécanisme impressionnant du cerveau, je n’imaginais pas qu’un tel processus pouvait se développer et provoquer de telles séquelles. Je t’avoue avoir hésité à commenter ton article, c’est difficile de réagir avec finesse à ces faits accablants. En tout cas merci de l’avoir écrit.

    • Inspiratka
      20 novembre 2017

      Oui ce n’est pas évident d’en parler en effet… merci de ton commentaire. J’ai vraiment ressenti le besoin d’écrire après ce reportage. Mais difficile de décrire avec des mots tout ça !

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Boho Peony

@bohopeony

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