Esprit bohème - Les années 70 en musique

Les années 70 en musique

Musiques du temps – Les années 70

Mes années hippies ont été jalonnées par quelques morceaux de musique emblématiques qui circulaient dans l’air du temps et rythmaient nos désirs.
« I can’t get no …satisfaction » qu’on ne présente plus
« Don’t want to work away, doing just what they all say  » … ‘cause I might die tonight (Cat Stevens. Tea for the tillerman)
« Me and Bobby Mc Gee « de Janis Joplin , « Ladies of the canyon » et le « Woodstock » de Joni Mitchell qu’elle a célébré et ressenti si justement sans y aller …

L’éblouissement devant ce rassemblement musical hors-norme qui symbolisait la tolérance , la liberté et le jaillissement de la contre-culture.

Ces musiques ont cristallisé mon refus de suivre la même voie que celle de mes parents, si heureux de pouvoir consommer après les privations de la guerre. Je ne voulais pas de cette vie déjà toute tracée et bridée … Une vie de labeur routinier, l’étouffoir de la salle à manger au papier à grosses fleurs orange et aux meubles massifs, le formica. L’atmosphère était à la révolte et au changement… Nous étions nombreuses et nombreux à ne plus supporter le poids de la tradition ordinaire.

J’ai croisé de jeunes déserteurs américains qui avaient refusé de partir de battre au Vietnam et qui faisaient la route en Europe.

J’ai passé moi aussi mon examen de routarde: la traversée du Sahara pour un retour aux sources, en stop du sud algérien au Mali, pas une nuit d’hôtel en 5 mois de voyage !

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« I’m going up the country » Canned Heat : La vie communautaire à la campagne, l’amour de la nature, les poules et les lapins, les fromages de chèvre , les poireaux sauvages déterrés dans nos champs de vigne pour les vendre au magasin bio du coin, pionnier du genre…

La mode : les premiers objets indiens : je me souviens d’un sac jaune en tissu, brodé, à miroirs, acheté à un bab’s de retour du Nord de l’Inde, sur un minuscule stand rudimentaire. Londres : Biba et ses centaines de manteaux maxi brodés en poil de chèvre, si colorés et parfumés! Les pantalons bouffants, le vernis à ongles mauve et un bijou de main. Une robe en tissu d’ameublement à gros pois vert pomme, les sabots en bois , les pantalons pat’ d’èph o-bli-ga-toires (le slim, quelle horreur !), les ponchos crochetés-maison et les chemises en lin tissées et teintes à la main… Les foulards, sur la tête, en ceinture, autour du cou…

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L’écho des manifestations pour les droits civiques aux Etats-Unis, la revendication d’une couleur de peau : la magnifique combattante Miriam Makeba (musique encore ! « Patapata » et « Malaïka ») ; Angela Davis et sa coupe afro. Je ne pouvais pas me coiffer autrement, rejetant les défrisages à l’ammoniaque et les bigoudis de torture…

Je ne me rendais pas compte, alors, à quel point je faisais corps avec le temps… Presque 50 ans plus tard, les formules « Peace and Love » sont toujours à conquérir…

Histoires de vie - La route de la soie (2) 3

La route de la soie (2)

En arrivant au portail nous souhaitant la bienvenue en Chine, en face de moi dans la maison de thé se trouvait un monsieur oriental avec son fils – cet image est gravée dans mes souvenirs de ce jour – tellement ils ressemblaient à des chinois du Royaume du Milieu des gravures d’autrefois. Tous deux me regardaient confus car ils n’avaient pas l’habitude de croiser des occidentaux. Photos

Reprenant la route j’étais impatiente de découvrir la première grande ville en Chine qu’aurait visitée Marco Polo avec son père. Ils sont arrivés par une route qui passait plus au nord-ouest car ils sont partis de Venise. Le marché de Kashkar se déroule tous les dimanches depuis des siècles et j’avais l’impression que je m’étais retrouvée dans une dimension temporelle au moyen âge – un moment magique pour moi après des journées de voyage en bus le long des chaussées déformées.

A Kashkar j’ai découvert que grâce à l’héritage turque des Uigurs, je pouvais communiquer avec quelques mots turcs que je connaissais – bien que je fus l’un des quelques étrangers parmi des centaines de Uigurs je me sentais en toute sécurité. J’avais pu enlever mon tenu pakistanais et me suis acheté un chapeau au marché comme les Uigurs portaient depuis le voyage de Marco Polo je crois – les chaussures que j’avais avec moi depuis un an déjà avaient été recousues plusieurs fois et les semelles remplacées. J’adorais que tout pourrait être réparé – comme était le cas en l’Europe d’autrefois.

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Le bus vers Urumqi passait par le désert de Taklamakan où je prenais grand plaisir de voir passer des chameaux dromadaires. Plusieurs des vitres du bus était cassés alors nous avions un peu froid dans le dessert vers la fin de la journée avant que le bus s’arrêtât pour la nuit.

Heureusement nous n’avons pas dû subir des tempêtes de sable à l’origine du nom du Désert de Taklamakan, qui veut dire La Mer de la Mort.
L’un des voyageurs dans le bus était un garçon de 6 ans je crois avec son papa militaire, lui aussi portait le même tenu et en était très fier. J’ai compris qu’ils faisaient donc parti de la population Han plutôt que des ethnies de cette partie de l’ouest de la Chine.

A chaque fois que nous retrouvions un peu de culture et des monuments historiques intacts je me réjouissais car Mao méprisait la culture d’autrefois. J’ai eu la chance de visiter les cavernes de Dunghuang, dont les murs étaient peints par les moines bouddhistes 111 années avant Jésus Christ avec de magnifiques fresques intactes. A quelques kilomètres il se trouvait une arche au milieu du dessert qui me faisait penser à Stonehenge et qui émanait une sorte de spiritualité tout autour.

C’était à Dunghuang que j’ai eu la chance de rencontrer deux voyageurs anglais qui avaient suivi la même route plus ou moins que moi, qui m’ont invité à partager les frais pour nous payer un conducteur et un 4×4 pour arriver à Lhassa. J’aurais pu y voyager en bus mais je craignais affronter le mal d’altitude en route et je me disais qu’au moins dans la jeep, je pourrais demander des arrêts si nécessaire. J’ai adoré cette partie du voyage car mes compagnons étaient de vrais gentlemen et comme moi, se réjouissant de leur voyage racontaient pleins d’anecdotes tout le long du voyage de deux jours.

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C’était un paysage dramatique et ouvert – on ne voyait que la terre et le ciel comme si nous étions au sommet du monde. J’avais quelques maux de tête en route à cause de l’altitude mais tout valait la peine lorsque finalement, l’après-midi du deuxième jour de route nous avons eu notre premier aperçu du capital du Tibet, Lhasa, devant nous. La ville était comme dans un mirage couronné par le Potala. C’était encore plus beau et majestueux que je ne l’avais imaginé perché là-haut comme s’il ignorait la présence des chinois et comme si la vie était comme avant l’invasion de 1958, le pays gouverné par le Dalai Lama et son entourage de lamas.

En rentrant dans la ville de Lhasa elle-même ce n’était plus possible de rêver car la présence des chinois était partout. La fameuse réflexion du palais des lamas dans le lac en dessous avait été gâchée par une construction chinoise moderne. En prenant une photo du Potala et une photo de la réflexion j’ai pu voir comment cette vue avait été féerique pendant des siècles et servait à inspirer le peuple tibétain. Il y avait beaucoup de pèlerins venus de tous les coins du pays qui s’étaient installés un peu hors de la ville dans des tentes élégantes en coton blanc. Je n’avais jamais rencontré un peuple si joyeux et calme – j’avais l’impression qu’ils respiraient à chaque moment leur foi. Tout le monde souriait bien qu’ils vivaient en toute simplicité et dominés par cette présence chinoise. A travers le fleuve qui bordait la ville, des drapeaux de tous les couleurs inscrits de prières, flottaient dans le vent, installés par les pèlerins, comme s’ils remplissaient l’air de textes bouddhistes. Les gens étaient tellement heureux de savoir que les voyageurs venaient d’autres pays pour apprécier leur culture et comprendre un peu ce qui se passait depuis l’invasion.

Je suis allée célébrer la réouverture d’un monastère qui avait été reconstruit avec mes deux amis anglais, Q et Nigel, avec qui je suis arrivée à Lhasa. En descendant du bus, nous avons suivis les Tibétains qui sont venus fêter la réouverture. Ils sont montés jusqu’au sommet de la colline en face du monastère- là-haut nos compagnons avaient fait un petit feu et installé des drapeaux de prière. Ensuite en célébration ils ont remercié Bouddha avec un chant, crié à haute voix en lançant en l’air des papiers couleur d’or au-dessus de la fumée du feu qu’ils s’en volent tout en haut. C’était je crois l’un des meilleurs moments de mes voyages, de faire partie de cette joie parmi ce groupe de tibétains. Ils partageaient avec nous du thé avec du beurre des yaks. Au début j’avais trouvé difficile de le boire, tellement le goût n’était pas ce que j’attendais d’une tasse de thé, car c’était très salé. J’ai réussi à en prendre plaisir en me disant que c’était plutôt du bouillon comme pour une soupe en plus le partager avec ces pèlerins venus de si loin était un honneur.

En rentrant à Lhasa le plaisir visuel a continué lorsque nous sommes allés visiter le palais d’été des Dalai Lamas, peint en couleur safran et terre cuite, j’ai aperçu un pèlerin habillé de couleurs pareils portant un Khata blanc pour mettre autour du cou du statue du Bouddha – il a tout de suite gentiment posé pour ma photo et je prends un tel plaisir de la revoir à chaque fois que je l’aperçois parmi mes photos.

Le lendemain j’ai fêté mes trente ans dans notre tearoom préféré. Les propriétaires nous y accueillaient à chaque fois avec un tel chaleur – j’adorais cet endroit décoré dans la tradition tibétaine avec des cousins et tables basses peintes avec des images de fleurs. Mes amis avaient préparé un petit déjeuner fête avec des yaourts, du pain et du miel et la cerise sur le gâteau, était qu’ils avaient réussi à trouver une bouteille de champagne. Il y avait des enfants qui ont vu par la fenêtre tous les ballons qu’ils avaient mis en place tout autour de la table alors ils sont arrivés jouer, ils se sont régalés en les jetant dans l’air et leurs rires m’ont touché comme le meilleur des cadeaux, surtout au moment chacun d’eux est parti avec un ballon à la main et un grand sourire au visage.

Quelques jours plus tard mes deux amis sont partis reprendre leur voyage car ils avaient prévu de visiter l’est de la Chine avant de prendre leur vol de retour à Londres. C’était difficile de se dire au revoir après de telles journées inoubliables passées ensemble car nous avons pris un énorme plaisir à découvrir ce pays et ce peuple magnifique ensemble.

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Après leur départ j’avais décidé de visiter d’autres coins du Tibet, avant de partir à Chengdu au sud de la Chine et je me suis mise à planifier mon trajet.

A l’auberge les autres voyageurs occidentaux étaient peu nombreux d’avoir entrepris le long trajet pour venir à Lhasa et d’avoir réussi à se procurer le permis d’entrée. Nous avons pourtant reçu une requête de participer à une démonstration avec des moines qui désiraient porter le drapeau tibétain banni, en procession autour du monastère de Jokhang, qu’à part du Potala, était l’un des monastères le plus vénéré à Lhassa.

Nous les occidentaux voulaient soutenir ces gens qui voulaient s’exprimer paisiblement alors nous avons pris rendez-vous pour le lendemain matin. Une demie heure avant le rendez-vous je suis passée dans la place centrale. Là se trouvait des soldats chinois assis, à bavarder et rigoler ensemble car c’était évident que quelqu’un avait dû informer la police de l’idée des moines. Ayant vu qu’à la télé des démonstrations en Europe, naïvement je n’ai pas eu de soucis en voyant tous ces soldats et me suis rendue à l’heure convenue derrière la place.

Tout autour du monastère du Jokhang, les pèlerins circulaient dans le sens horaire. Les moines avaient décidé, afin de confondre les soldats, qu’ils arriveraient du sens antihoraire de derrière le Jokhang. Nous avons commencé à marcher derrière les moines qui chantaient leurs prières, mené du devant par l’un d’entre eux qui portait avec fierté le drapeau tibétain. En tournant au coin j’ai entendu des bruits comme des pétards. D’un coup tout le monde criait et se dispersait et à ce moment-là, j’ai compris que j’avais plutôt entendu des coups de feu. Avec un autre voyageur je me suis cachée dans une petite cour où nous sommes restés une bonne demie heure avant de sortir et rentrer le plus vite possible à l’auberge. Nous nous retrouvâmes petit à petit pour partager nos expériences choquantes de la matinée. Il parait qu’une hollandaise qui était devant avec ses amis les moines, avait reçu une balle au bras et était à l’hôpital. On nous a dit que des moines avait été inculpés. L’atmosphère était lourde car nous étions inquiets de ce qui leur était arrivés.

Les propriétaires de l’auberge nous ont demandés de quitter Lhasa car ils avaient peur que la police chinoise ne les inculpe comme ils nous hébergeaient – ces étrangers qui avait fait partie de la marche aussi. Nous avons pu trouver un bus qui partait vers la frontière avec le Népal et avons quitté la ville de Lhasa, tous choqués par la démonstration paisible qui avait été attaquée avec une telle violence par les autorités chinoises.

Nous sommes arrivés vers la frontière en nous arrêtant à plusieurs endroits – le magnifique Lac Yamdrok Tso tout turquoise, la ville de Shigatse où j’ai rencontré des moines avec des sourires incroyables qui pratiquaient une dance traditionnelle dans leurs habits d’apprentis moines, couleur terre cuite.

J’ai vu aussi les fameux débats entre les élèves qui apprenaient à discuter sur les préceptes bouddhistes. Heureusement ils vivaient loin des troubles de Lhassa.

Au marché à Lhasa j’avais trouvé un chapeau en feutre brun comme portent les nomades qui s’occupent des yaks. Je me suis acheté en plus un manteau traditionnel en brun avec de la laine de mouton à l’intérieur car ma veste n’était pas bien isolée contre le froid du Tibet. Je me sentais un peu moins touriste dans ce tenu mais je crois que les trois chiens sauvages qui se sont approchés de moi pendant que je me promenais autour d’un monastère m’ont tout de suite reconnue comme étrangère !

Ils ont commencé à grogner en me voyant et se sont approchés de moi. J’ai continué à marcher mais ils commençaient à aboyer et d’un coup l’un d’eux a essayé de me mordre. Tout de suite trois vielles dames pèlerins ont lancé des cailloux aux chiens en criant et ont réussi à me protéger et les faire partir. Je tremblais tandis qu’elles rigolaient tout en m’offrant un thé au beurre de yak. J’ai vu que celui qui m’avait mordu avait réussi à laisser les traces de ses deux dents mais heureusement je portais un collant épais et deux pantalons comme il faisait tellement froid que ses dents n’avaient pas réussis à percer le tissu. Quel soulagement car si la salive du chien aurait été mélangée avec mon sang j’aurais dû me faire des piqures contre la rage à l’estomac, qui sont extrêmement douloureuses. J’étais tellement reconnaissante à mes trois sauveteurs qui rigolaient de ce qui s’est passé.

En arrivant dans un tout petit village pas loin de la frontière j’ai pris la décision de revenir à Lhasa pour continuer le trajet que j’avais prévu…d’aller par Chengdu et ensuite à Hong Kong avec l’idée de prendre un vol pour le Japon- ce pays qui m’intriguait par ces coutumes tellement différentes des nôtres et leur appréciation depuis des décennies de l’esthétique dans chaque aspect de leur vie.

Avec un autre voyageur, nous proposions rentrer à Lhassa en faisant l’autostop car il n’y avait pas la possibilité d’un bus qui retournait là-bas. Personne n’a voulu s’arrêter nous prendre bien que normalement on devait contribuer à payer l’essence. Nous avons compris qu’ils hésitaient à cause des possibles rétributions de la part des autorités chinois s’ils s’apercevaient qu’ils côtoyaient des étrangers. Finalement après deux jours nous avons eu la chance d’un passage dans un jeep de trois tibétains qui rentraient sur Lhassa et qui n’avait pas peur de nous y emmener. En rentrant à Lhassa je me suis organisée pour prendre l’avion à Chengdu car c’était évident que nous les voyageurs occidentaux étions sous surveillance de la part des autorités chinois. C’était avec un cœur lourd que j’ai quitté ce pays avec son peuple qui essayait de vivre en paix entourés des envahisseurs. J’ai pu comprendre comment le colonialisme d’autrefois ressemblait à la situation à laquelle j’avais été témoin au Tibet.

Je suis restée en Asie encore 18 mois à voyager et travailler. Ce n’était qu’à mon retour à Londres que j’ai repris le bâton pour soutenir le Tibet en faisant partie des marches pour protester de nouveau contre l’occupation chinoise. Nous partions de l’ambassade de Chine à Londres en marche jusqu’au bureaux du Ministère des Affaires Étrangères dans le Whitehall pour livrer la pétition signée par nous tous, membres du Free Tibet… malheureusement comme vous le savez, sans aucun résultat. Vingt cinq ans plus tard j’ai rencontré quelques tibétains qui ont dû s’évader pour éviter la persécution et qui m’ont raconté les mêmes histoires qu’il y a 30 ans lorsque j’étais à Lhasa.

La chose qui me touche à chaque fois est leur calme et sérénité bouddhiste qui paraît toujours bien en vie. J’ai remarqué que leur comportement paisible et souriant commande toujours un respect autour d’eux comme pour le Dalai Lama. Je finis mon récit de cette partie de mes voyages et de mon existence bohème à l’époque avec cette image d’un peuple digne et paisible à l’esprit.

Louise Crawley

La route de la soie (1)

Le récit de mon voyage au Tibet par la Route de La Soie

Du moment où j’avais entendu les contes de la Route de la Soie et les voyages de Marco Polo qui transportait les marchandises de la Chine sur les chameaux, j’avais une curiosité de retracer quelques de ses pas. Après quelques années de problèmes de santé, à l’âge de 28 ans, j’avais quitté mon travail, vendu ma voiture pour me payer le voyage et suis partie à la découverte de l’Asie.

En discutant avec d’autres voyageurs à Rawalpindi, dans le Pakistan, que j’ai entendu parler du féerique palais des Dalais Lamas, le Potala à Lhassa au Tibet, et j’ai décidée de le visiter en voyageant par l’Ancienne route de la Soie qui connectait le nord du Pakistan jusqu’en Urumuqi en Chine de l’ouest.

C’était fin octobre 1989 lorsque je me suis embarquée sur la première partie de ce voyage par la Route Karakoram en quittant Rawalpindi par bus. Le long de la route les couleurs automnales étaient magnifiques. C’était le moment de cueillir les abricots et les noix, étalés sur les toits partout, ils faisaient partis des couleurs orange et marrons du saison.

Je me suis arrêtée deux jours à Gilgit où j’ai dormi dans une maison d’hôte. Arrivant à minuit je n’avais pas fait la connaissance de toute la famille. En ouvrant les rideaux le matin, j’ai eu une bonne surprise de découvrir trois petites qui attendaient patiemment que je me réveille. Elles étaient assises sur le mur du jardin, en face de ma chambre, curieuses de découvrir qui était cette étrange anglaise qui voyageait seule – ce qui aurait été impossible pour une pakistanaise. La famille m’avait accueillie avec une telle chaleur – je mangeais avec les femmes qui me posaient des questions avec quelques mots d’anglais et nous avons pu bien rigoler ensemble. Elles n’arrivaient vraiment pas à comprendre pourquoi je voyageais seule car dans leur culture ou bien à mon âge de 29 ans, une femme serait mariée avec au moins 4 enfants ou était à la maison à s’occuper de ses parents.

Pendant mon séjour à Gilgit j’ai vu jouer un match de Polo (bal en Balti) que j’ai découvert avait ses origines en Asie. J’ai adoré découvrir ce coin un peu caché du monde.

Continuant le long de la route Karakoram j’ai pu visiter la forteresse d’Baltit à Karimabad, datant du IXème siècle. Elle est perchée sur une colline d’où elle surveille tous les voyageurs et marchands passer pendant des siècles entre le Pakistan et la Chine. J’ai vu des gravures rupestres – supposées crées par des voyageurs d’autrefois.

Trois jours plus tard en remontant dans un bus direction frontière avec la Chine, j’ai compris pourquoi la KKH (Karakoram Highway) est considérée comme la huitième merveille du monde – car la construction a pris 12 années,et plus d’une centaine de travailleurs y ont perdu la vie. Il fallait creuser la route dans les rochers des montagnes himalayennes dans cette région inhabitable vers la frontière.